115 de Paris : croissance des demandes et évolution des publics

Un effet direct de la fermeture de quelques places hivernales…

 

En février, 55,2% des demandes arrivées au 115 ont donné lieu à un hébergement en journée et 58,1% à un hébergement la nuit. Le mois connaît une baisse des attributions (-8,6% en journée et -14,7% la nuit), essentiellement en raison de la diminution du nombre de places disponibles, et de l’effet sur les orientations vers les centres d’hébergement d’urgence : – 7,8% en journée et -19,2% en nuit[1]. Parmi les différents motifs de non attribution, les demandes non pourvues faute de places disponibles – indicateur le plus fiable de la tension sur l’hébergement -  qui avait connu une baisse les mois précédents, repart à la hausse : +28,9% entre janvier et février (+23,1% en jour et +39,6% en nuit).

Les orientations vers les Lits halte soins santé (LHSS), autre activité du Samusocial de Paris, restent pour leur part stables mais davantage attribuées en journée qu’en soirée.

 

 

… et d’une demande croissante des familles

 

Si les orientations vers l’hôtel – qui représentent 10,9% des attributions en journée – se révèlent également en baisse (-15,8% par rapport à janvier), celles-ci s’avèrent en augmentation le soir : +8,7%, période durant laquelle elles représentent  21,2% des attributions. Ce déplacement des attributions des nuitées hôtelières après 19h s’explique à la fois par la tension sur le dispositif 115 et sur le dispositif hôtelier, qui rend l’attribution des places plus tardive.

Une majorité de demandeurs «habitués» du 115

Sur les 14 683 demandes en journée et 6 966 demandes en soirée enregistrées par le 115 de Paris au cours du mois de février, 90% émanaient de personnes déjà connues du 115.

 

Hommes seuls : demande stable, taux de réponse en baisse

 

La majorité des demandes en journée reste faite par les hommes seuls (64,7 %). Par rapport à janvier, les demandes des hommes ont baissé de -3,4% en journée et -11,7% la nuit. 74% de ces demandes aboutissent à un hébergement. On observe toutefois que cette population est la plus touchée par les baisses d’attributions (- 7,3% en journée et -24,1% la nuit), effet direct des variations de places disponibles pour ce public en période hivernale.

 

Un dispositif toujours mal adapté aux femmes seules

 

Les demandes des femmes seules (5,0 % de la demande totale), continuent la légère progression enregistrée en janvier, avec 4,4% de demandes supplémentaires en journée et 5,0% la nuit. Ces demandes ont eu un taux de réponse positive de 18% en février (en baisse de 7% par rapport à janvier) reflet de la structure de l’offre d’hébergement, peu adaptée aux femmes isolées et en nombre restreint. Si l’on observe comme en janvier une progression des demandes de femmes la nuit, elle est à mettre en lien avec les problèmes de fluidité au 115 de Paris durant la journée du fait des nombreux appels de familles.  

 

Familles : une mise à l’abri effective mais de plus en plus complexe

 

26,6 % des demandes au 115 sont venues en février des familles. 76% ont été effectuées en journée, une demande qui reste stable, alors que les demandes de nuit ont progressé de +13%. Rappelons que le Samusocial de Paris héberge les familles pour plusieurs nuits afin qu’elles ne réitèrent pas leur demande au quotidien. Ce système a permis en février, comme chaque mois, à 98% d’entre elles d’être mises à l’abri. S’observe cependant, sur les nouvelles demandes, une baisse du taux d’attribution de -4,7% par rapport à janvier en raison  de l’arrivée au 115 de Paris de demandes ne relevant pas de ses compétences (familles d’autres départements, devant accéder à d’autres plateformes de prise en charge, etc.). Cette baisse des attributions reflète cependant la tension actuelle sur le dispositif d’hébergement hôtelier pour les familles. L’ouverture pendant l'hiver de centres d’hébergement d’urgence dédiés aux familles aurait créé une capacité de réponse plus adaptée et permis une meilleure fluidité.   

 

 

[1] Toutes les données de comparaison entre janvier et février 2014 ont été redressées, afin de lisser la différence de nombre de jours dans le mois.

Samusocial de Paris

Ecouter, Evaluer, Informer,

Orienter et Héberger.

Le Samusocial de Paris s’est adapté à l’évolution constante du phénomène de l’exclusion, en développant depuis 20 ans des missions et des structures d’urgence (régulation téléphonique – 115, Equipes Mobiles d’Aide, Maraude de jour et spécialisées, Centres d’Hébergement, Lits Haltes Soins Santé, Lits d’Accueil Médicalisés, Espace Solidarité Insertion) et de pré-insertion (Maison des femmes, Pension de Famille).

Toutes ont pour objectifs la sortie de la rue et  plus largement un retour à l’autonomie des personnes accompagnées et prises en charge par les équipes.Les missions du Samusocial de Paris ne pourraient intervenir au plus près des usagers parisiens sans le soutien actif de ses partenaires associatifs et institutionnels.

Un suivi médico-psycho-social adapté peut conduire à la réinsertion.

20 ans de solidarité

Fondé en 1993 par le Docteur Xavier Emmanuelli et aujourd'hui présidé par M. Eric PLIEZ, le Samusocial de Paris reste aujourd’hui un acteur majeur de la lutte contre l’exclusion.

 

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