Enquête ENFAMS
Publication du 01/10/2014

Plus de 80% de familles sous le seuil de pauvreté, près de 8 familles sur 10 et 2 enfants sur 3 en insécurité alimentaire, 29% de mères souffrant de dépression, une prévalence de l’obésité bien supérieure à la population générale… : les résultats de l’étude ENFAMS (Enfants et Familles sans logement en Ile-de-France) menée par l’Observatoire du Samusocial de Paris rappellent que l’hébergement à l’hôtel ne constitue pas une solution pour les familles. La dénonciation de l’hôtel comme solution inadaptée pour l’hébergement des familles n’est pas nouvelle. Les résultats de l’étude

 

ENFAMS viennent cependant y adjoindre un constat scientifique. Le travail engagé par le Samusocial de Paris pour améliorer les conditions de vie à hôtel doit se poursuivre et s’accélérer. Cependant, développer de nouvelles solutions pour l’accueil des familles est devenu impératif.

 

Téléchargez le communiqué de presse ENFAMS

 

Téléchargez le rapport ENFAMS (v 1/10/2014)

 

L’été : période particulière pour l’hébergement d’urgence

 

 

Si la période hivernale se caractérise généralement par une hausse de l’activité due aux renforts hivernaux, tant en termes de places d’hébergement que de personnel en poste, la période estivale (juillet et aout) est, elle, dans une logique inverse dont l’influence se fait sentir sur les différents indicateurs d’activité du 115 de Paris.

 

 

Des prises d’appel en baisse

 

En baisse par rapport aux autres mois de l’année, la prise d’appel des mois de juillet et août entraîne une baisse du nombre de demandes d’hébergement traitées, qui détermine le nombre de demandes pourvues et non pourvues enregistrées.

 

Au cours de l’été, le 115 de Paris a reçu plus de 350 000 appels, et a répondu à près de 70 000 d’entre eux. Cela donne en moyenne 1120 décrochés par jour pour 5700 reçus, alors que la moyenne des mois précédents était de plus de 1200 appels pris pour 5400 reçus. Cette baisse de la fluidité de réponse a pour effet de faire monter le nombre d’appels reçus, les usagers se trouvant dans l’obligation de réitérer leur appel pour arriver à joindre le 115, parfois sans succès.

 

Les demandes enregistrées (en flux) sont donc également en baisse : avec près de 22 800 en juillet et 21 600 en août, nous nous situons en dessous de celles enregistrées dans les mois précédents, qui sont en moyenne au-dessus des 26 000. La répartition de ces demandes par public est également quelque peu différente : on constate une hausse de celle des hommes seuls (58.9% du total) et des femmes seules (9,5%) et une baisse de celles des personnes en familles (27.6%). Ces dernières sont les plus touchées par la prise d’appel moindre, la fluidité en journée du pôle dédié aux familles étant difficile à maintenir en période estivale.

 

 

Demandes pourvues en hausse

 

Les demandes pourvues représentent 52,1% des demandes cet été, un chiffre en hausse par rapport à la fin de la période hivernale. Paradoxalement, mais logiquement, cette hausse est la conséquence directe d’un moindre nombre d’appels traités : en effet, dans un contexte où l’offre d’hébergement est stable, moins on traite de demandes, plus on augmente les chances de donner une réponse positive à une demande d’hébergement.

 

 

Une offre d’hébergement moindre par rapport à l’hiver

 

L’ouverture et la fermeture de places influencent à la fois les profils des publics demandeurs (isolé-es/famille, hommes/femmes) et les périodes d’activité (jour/nuit).

 

La part des demandes non pourvues faute de places, qui représentent 54,6% des demandes non pourvues totales, et 26,1% des demandes totales d’hébergement, traduit toutefois cette variabilité de l’offre, conséquence de la gestion saisonnière de l’hébergement d’urgence. Elle touche plus fortement les hommes seuls (45,4% du total) et les femmes seules (14,8%), que les personnes en famille (32,4%). Ceci s’explique, pour les familles, par le fait que celles-ci nous joignent moins, et pour les isolé (e) s en partie par l’ouverture, le 12 juin, d’un nouveau centre (Romain Rolland).en remplacement du CHU de Montrouge. Ce centre, qui fonctionne pour partie en continuité, et a permis la création de 15 places d’urgence pour les femmes, a en parallèle fait passer le nombre de places d’urgence disponibles pour les hommes seuls de 55 à 34.

Cette nouvelle offre a entraîné une augmentation de la part des femmes seules dans les demandes et fait mécaniquement augmenté les demandes pourvues, notamment dans l’activité de régulation de nuit.

Samusocial de Paris

Ecouter, Evaluer, Informer,

Orienter et Héberger.

Le Samusocial de Paris s’est adapté à l’évolution constante du phénomène de l’exclusion, en développant depuis 20 ans des missions et des structures d’urgence (régulation téléphonique – 115, Equipes Mobiles d’Aide, Maraude de jour et spécialisées, Centres d’Hébergement, Lits Haltes Soins Santé, Lits d’Accueil Médicalisés, Espace Solidarité Insertion) et de pré-insertion (Maison des femmes, Pension de Famille).

Toutes ont pour objectifs la sortie de la rue et  plus largement un retour à l’autonomie des personnes accompagnées et prises en charge par les équipes.Les missions du Samusocial de Paris ne pourraient intervenir au plus près des usagers parisiens sans le soutien actif de ses partenaires associatifs et institutionnels.

Un suivi médico-psycho-social adapté peut conduire à la réinsertion.

20 ans de solidarité

Fondé en 1993 par le Docteur Xavier Emmanuelli et aujourd'hui présidé par M. Eric PLIEZ, le Samusocial de Paris reste aujourd’hui un acteur majeur de la lutte contre l’exclusion.

 

Pour soutenir ses activités et agir à ses côtés, plusieurs actions de solidarité sont possibles : faire un don, devenir partenaire, rejoindre nos équipes de bénévoles.